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Dernier discours de Job

Job évoque sa condition passée
1Job prononça un autre discours et dit :
2Qui me fera revivre ╵les saisons d’autrefois,
comme en ces jours passés ╵où Dieu veillait sur moi,
3où il faisait briller ╵sa lampe sur ma tête
et qu’avec sa lumière ╵j’affrontais les ténèbres ?
4Ah ! si j’étais encore ╵aux jours de ma vigueur,
quand ma demeure jouissait ╵de l’intimité avec Dieu,
5et quand le Tout-Puissant ╵était encore à mes côtés,
et mes enfants ╵autour de moi,
6quand je baignais mes pieds ╵dans le lait fermenté
et quand le roc versait ╵pour moi des torrents d’huile29.6 Images classiques de la prospérité : le roc désigne le pressoir d’olives dont la base d’où s’écoulait l’huile était faite en pierre..
7Lorsque je me rendais ╵aux portes de la ville,
quand je dressais mon siège ╵sur la place publique29.7 Le conseil des notables siégeait sur la place publique près des portes de la ville. Ce conseil fonctionnait aussi comme tribunal. Les v. 7-10 illustrent les habitudes de politesse orientale.,
8les jeunes me voyaient ╵et ils se retiraient,
les vieillards se levaient ╵et ils restaient debout29.8 Jusqu’à ce que Job se soit assis.,
9les notables arrêtaient ╵leurs propos
et se mettaient ╵une main sur la bouche.
10Les grands baissaient la voix
et ils tenaient leur langue ╵collée à leur palais.
11Celui qui m’écoutait ╵me déclarait heureux,
celui qui me voyait ╵parlait de moi en bien.
12Car je sauvais le pauvre ╵qui appelait à l’aide
ainsi que l’orphelin ╵privé de tout secours.
13Ceux qui allaient mourir ╵me bénissaient,
et je mettais la joie ╵dans le cœur de la veuve.
14J’endossais la justice : ╵c’était mon vêtement.
Ma robe et mon turban, ╵c’était ma probité.
15J’étais l’œil de l’aveugle
et les pieds du boiteux,
16et j’étais comme un père ╵pour ceux qui étaient pauvres.
J’examinais à fond ╵le cas des inconnus29.16 Autre traduction : les cas que je ne savais pas trancher..
17Je brisais les mâchoires ╵de l’homme inique
et je lui arrachais ╵la proie d’entre les dents.

18Je me disais alors : ╵« Je mourrai dans mon nid,
j’aurai des jours nombreux ╵comme les grains de sable29.18 D’autres comprennent : comme le phœnix, oiseau légendaire qui vivait 500 ans puis brûlait avec son nid pour renaître aussitôt de ses cendres. L’ancienne version grecque a : comme le palmier..
19La source de l’eau vive ╵baignera mes racines,
la rosée passera ╵la nuit sur ma ramure.
20Ma gloire auprès de moi ╵se renouvellera
et, dans ma main, ╵mon arc rajeunira. »

21Alors on m’écoutait29.21 Suite des v. 7-10. ╵attendant mon avis
et l’on faisait silence ╵pour avoir mon conseil.
22Lorsque j’avais parlé, ╵on ne discutait pas.
Ma parole, sur eux, ╵se répandait avec douceur.
23Et ils comptaient sur moi ╵comme on attend la pluie.
Ils ouvraient grand la bouche, ╵comme pour recueillir ╵les ondées du printemps.
24Quand je leur souriais ╵ils n’osaient pas y croire,
on ne pouvait éteindre ╵l’éclat de mon visage29.24 Autre traduction : ils ne négligeaient aucun signe favorable sur mon visage..
25C’est moi qui choisissais ╵la voie qu’ils devaient suivre. ╵Je siégeais à leur tête,
je trônais comme un roi ╵au milieu de ses troupes,
comme un consolateur ╵pour les gens affligés.